Retraite à Sutton

En juin dernier, j’ai eu l’occasion de participer à une retraite de yoga parfaite. Vous savez, le genre de retraite qui vous fait dire: «L’an prochain, si ça revient, j’y serai!»

Bon, j’avoue que j’avais un préjugé favorable au départ. C’est Annie Courtecuisse, ma bien-aimée prof de yoga, qui avait organisé la retraite. Nous étions 18 participantes.

Il y a toujours une petite crainte quand on s’inscrit dans un événement comme ça: est-ce que ça va cliquer avec les autres participantes? Y aura-t-il une chialeuse de service qui trouve à redire sur tout?

Eh bien là, pas du tout! Au contraire. Je n’aurais pu rêver d’un groupe plus merveilleux. Ma sœur était là, ainsi que d’anciennes collègues de travail que j’adore, une amie proche d’Annie est venue avec sa maman, des élèves croisées dans les cours d’Annie étaient aussi là, ainsi que deux femmes venues de Gatineau parce qu’elles avaient vu Annie dans son émission Yoga doux à MAtv. Deux amoureuses des chats, alors on s’est tout de suite bien entendues!

Vue du mont Pinacle à Sutton

Apprendre à se déposer

La prof nous avait concocté un programme pas trop chargé, puisque l’intention de la retraite était la lenteur. Apprendre à se déposer. Dans une société qui carbure à la performance et où tout va vite, ça n’est pas évident… Pour être bien sûre qu’on se rappelle de se calmer le pompon, Annie nous a offert à chacune une petite figurine en forme de tortue. Dès que j’aperçois la mienne, je prends le temps de res-pi-rer. Ça fait du bien et ça me ramène dans le moment présent, un endroit que je ne visite pas assez souvent à mon goût.

Ce n’est un secret pour personne, je suis une anxieuse chronique. Ce thème me rejoignait donc particulièrement. Et les cours étaient adaptés à toutes. Je souffre de fibromyalgie, et l’idée de faire deux classes de yoga par jour aurait pu me stresser. Mais je savais qu’avec Annie, tout coulerait de source, que la douceur et la bonne humeur seraient au rendez-vous. Et ça, à une époque où on tente de nous vendre le yoga à toutes les sauces, comme mentionné dans l’excellent article du Devoir de lundi dernier, ça fait toute la différence.

L’essence du yoga

Nous avons créé un mandala collectif sous la houlette de Julie, une des participantes. On a pratiqué un rituel autour du feu (et quel feu!) pour souligner l’arrivée de l’été et emmagasiné la belle énergie offerte par le soleil. Le temps était idéal, et l’endroit, aussi «vibrant» que dans mon souvenir. J’avais eu l’occasion de faire une retraite avec la magnifique Marie-Daphné Roy l’automne dernier. Au tournant du Cœur, c’est un lieu magique. On s’y sent à sa place.

Pas de luxe ici. Les chambres sont minuscules, les toilettes et les douches sont communes. Et pourtant, moi qui suis si princesse d’habitude, ça ne me dérange pas. J’ai l’impression de revenir à l’essence du yoga. Il n’y a aucune source de distraction (à part les chats sur le terrain, ahhhh!), la vue est si magnifique que toute velléité de lecture s’envole dès qu’on s’assoit sur une des chaises et qu’on regarde le paysage, les propriétaires sont des gens simples et dédiés. Bref, j’ai adoré mon expérience.

Festival Wanderlust

Ça peut donc paraître étrange que je vous parle dans le même billet du Festival Wanderlust, qui aura lieu à Tremblant du 23 au 26 août prochain.

Une femme se fait mettre un bracelet Wanderlust au poignet

Ce festival peut sembler à l’opposé de ce que j’ai vécu durant ma retraite de yoga. Il y aura beaucoup de monde, une multitude de cours – du SUP yoga au croga (mélange de crossfit et de yoga!) –, de la musique, beaucoup de monde (l’ai-je dit?), toutes sortes d’activités connexes, des participants dont la moyenne d’âge n’excède généralement pas 32 ans et dont le poids n’excède pas 120 livres (legging mouillé).

Bref, en tant qu’introvertie fibromyalgique en surpoids, je ne fitte pas dans le portrait. Et c’est pour ça que j’y vais. Pour sortir de ma zone de confort, et pour montrer que chacun peut y trouver son compte.

wanderlust-chute

Mon chum et moi avons décidé de passer quatre jours là-bas. Dans une chambre avec un lit queen et UNE SALLE DE BAIN. Je vous mentirais en disant que ça ne fait pas plaisir à ma princesse intérieure. Et comme ça fait deux ans qu’on n’a pas pris de vacances, on s’est dit qu’on méritait bien un week-end prolongé hors de Montréal.

Sortir de sa zone de confort

Nous aurons accès au festival vendredi et samedi. Nous avons donc soigneusement choisi nos activités, selon mes limitations et les siennes (il a fait deux cours de yoga dans sa vie!). Exit donc les cours tôt le matin, les cours avancés (ça nous laisse quand même pas mal de choix), le slackro (yoga sur une slackline), etc. Comprenez-moi bien: je n’ai rien contre ces activités. Et je crois qu’il y a bel et bien de la place pour ce genre de pratiques. Mais ce n’est pas ce que je vais chercher.

Ça ne veut pas dire que je ne profiterai pas de mon séjour là-bas. J’ai déjà vécu de très beaux moments au Festival Wanderlust: une expérience de danse extatique, une conférence sur la compassion qui m’a fait vivre une épiphanie, un cours de méditation avec Nicole Bordeleau qui m’avait fait grand bien. C’est aussi là que j’ai découvert Marie-Daphné Roy et le yin yoga (une véritable révélation!).

Les bons choix pour soi

Oui, il est possible de vivre un festival plus «intérieur», moins axé sur le «J’y étais!». On a donc fixé notre choix sur un cours de respiration, une conférence sur comment établir ses limites, un cours de yoga aérien restaurateur, une expérience musicale dans une salle, bien calés sur des oreillers (mon genre de spectacle!), un cours de yoga kundalini, un autre d’automassage (yes!), des promenades relaxes en montagne en amoureux…

Crédits photos Wanderlust: Melissa Gayle & Lisa Graves

Wanderlust, c’est un événement ludique et joyeux, où chacun peut se faire son propre festival selon ses valeurs, ses envies et ses limitations. Le yoga, c’est aussi un état d’esprit.

On s’y voit en août?