J’ai toujours su que je voulais écrire. Et à 14 ans, j’ai su que je voulais devenir journaliste. C’était une certitude absolue. Et ça avait quelque chose de réconfortant pour une fille comme moi qui vit perpétuellement dans le doute.

Je suis donc devenue journaliste. Ça ne s’est pas fait comme ça, en criant ciseau, hein. J’ai travaillé d’arrache-pied pour atteindre ce but. Puis j’ai été embauchée par le magazine pour lequel je voulais travailler depuis le tout début: le Elle Québec. Je me souviens encore de la joie ressentie à ce moment-là. J’y ai passé parmi les plus belles années de ma vie, à l’époque où les magazines avaient du poids et dictaient les tendances. J’y ai rencontré des femmes formidables, dévouées, aussi passionnées que moi.

Surmenage, prise 1… et 2

Puis, au bout de quelques années, comme vous les savez, j’ai fait un burnout. Que voulez-vous, je ne sais pas m’arrêter, et quand j’aime (on parle de boulot, là), je donne beaucoup. Tellement que j’ai fait un second burnout. Yep. J’avais aimé mon travail d’un amour sans limites. Je m’étais donnée à fond, tellement que je me suis consumée. J’ai dû me reconstruire. Petit à petit.

J’ai aussi dû songer à trouver un autre boulot. Oui mais voilà, que faire quand on a toujours su ce qu’on voulait faire mais qu’on ne peut plus le faire? Quand les certitudes sur lesquelles on s’appuyait depuis des années s’effondrent? Une longue réflexion s’amorçait. J’en parle parce que, même si ce n’est pas à la suite d’un burnout, plusieurs d’entre nous seront amenées à changer de carrière. Il est révolu, le temps où on travaillait dans le même domaine jusqu’à la retraite. D’ailleurs, même la notion de retraite est à repenser entièrement. Mais c’est un autre sujet.

Nouveauté et challenge

Après de longs mois de réflexion, dont plusieurs à me sentir complètement larguée et perdue, j’ai décidé de retourner aux études. Dans un domaine qui m’intéressait depuis longtemps: les réseaux sociaux. Je ne vous mentirai pas en vous faisant croire que ça a été facile. En fait, c’est sans doute la chose la plus difficile que j’ai faite dans ma vie. Mais quelle immense fierté j’ai ressentie à la fin de ma formation!

Forte de ce nouveau diplôme, j’ai présenté, avec mon chum, un projet pour être acceptée à l’École des entrepreneurs, afin de lancer notre entreprise en réseaux sociaux. Nous voilà donc de retour sur les bancs d’école, encore une fois. Moi qui ai toujours aimé apprendre, j’avoue que je commence à en avoir un peu ras-le-bol, là.

Mais bon, je persiste parce que je me dis que ça me donnera les outils nécessaires pour travailler dans un domaine qui non seulement me demande d’exercer toutes mes compétences, mais m’oblige aussi à en développer d’autres. Et ce défi, au lieu de me faire peur, me stimule. Me fait sortir de la zone de confort où je m’étais retranchée (mais où je commence sacrément à avoir hâte de retourner!). Et puis, j’ai la chance de faire ce parcours avec mon amoureux, et comme projet de couple, on ne peut demander plus emballant et plus, euh, challengeant.

Je ne suis pas naïve. Je sais la charge de travail que ce job implique. Je sais qu’il faut que je fasse attention à moi. J’ai déjà eu des avertissements. Mon corps me crie de me reposer. Je lui réponds que dès que le plan d’affaires sera déposé, le 29 mars, je prendrai trois jours en ligne pour dormir. Avec mon chum et les quatre chats. Dans notre lit king.

D’ici là, vous me verrez marcher comme une zombie, le teint verdâtre et des poches sous les yeux, donnant tout ce que j’ai à donner pour faire de mon rêve une réalité.

Souhaitez-moi bonne chance!