Mon Festival Wanderlust rêvé

Je pèse 105 livres (mon poids ordinaire), je suis habillée de pied en cap en Lululemon, Lolë ou Hyba, bref, j’ai de jolis kits, conçus dans des matériaux qui respirent, et qui me font me sentir belle et bien.

Je suis inscrite à six cours de yoga par jour, je fais de la slackline, du hiking, tout ça avec grâce et élégance, et sans transpirer.

femme sur un lac faisant une posture de yoga

Photo by Chris Eckert for Wanderlust Festival.

Mon Festival Wanderlust réel

Je pèse 150 livres… et je mesure 5 pieds (bon, je suis en périménopause, je bois trop de vin et je mange trop de popcorn au cheddar), je suis habillée d’un t-shirt informe (je fais du 36 G, alors exit la petite camisole sexy) et d’un legging cheap (je suis de retour aux études depuis deux ans, donc mon budget est serré – aussi serré que mes vêtements, en fait, vu ma prise de poids), et je ne me sens pas particulièrement belle ni bien.

J’ai suivi deux cours et j’ai assisté à une conférence le premier jour (ça s’est bien passé, même si la grâce et l’élégance n’étaient pas au rendez-vous), et j’ai eu deux cours le lendemain, que je n’ai pas été capable de faire au complet, parce qu’ils étaient trop difficiles pour moi.

Chantal Tellier, du blogue dans ma bulle, au festival wanderlust tremblant

Entre le rêve et la réalité

Est-ce que j’ai aimé mon expérience? Oui. En fait, je voulais montrer que, peu importe son niveau, peu importe son physique, tout le monde peut trouver son compte durant cet événement.

OK, je ressemblais à une veuve sicilienne avec mes vêtements foncés et peu seyants, et je passais mon temps à hésiter entre rentrer mon ventre pour paraître plus mince ou le gonfler pour respirer profondément.

Heureusement, j’avais refait le plein de tangas à ma taille. Parce que, honnêtement, c’est beau vivre dans le fantasme de retrouver sa silhouette d’avant (tout en continuant à manger compulsivement du popcorn et à boire du vin), un moment donné, la réalité nous rattrape. Et pratiquer le yoga avec un tanga trop petit, il n’y a RIEN de zen là-dedans. Croyez-moi sur parole.

Première journée au Festival

J’ai vraiment eu du fun.

Et mon chum aussi, lui qui en était à son premier Wanderlust et ne savait pas du tout à quoi s’attendre. Précisons qu’il avait suivi dans sa vie, en tout et pour tout, trois cours de yoga.

On a commencé le Festival par un cours de Respiration extatique donné par Annie Langlois. Power shaking, danse, respiration consciente couchée sur le dos… Un programme qui me convenait parfaitement. Je ne me doutais pas que j’allais pleurer ma vie, et mon chum non plus, mais ce fut une expérience vraiment libératrice pour tous les deux!

En après-midi, conférence de Mark Groves intitulée How To Become a Boundaries Badass. Moi qui suis introvertie, je me pensais championne dans l’art de mettre mes limites. J’avais tout faux. Difficile de bien communiquer ses besoins et d’établir ses frontières quand on n’a jamais appris. La bonne nouvelle? Mon chum et moi en sommes venus à la même conclusion: on a quand même fait beaucoup de progrès de ce côté depuis qu’on se connaît. Et je me trouvais chanceuse d’être là avec lui, à l’observer pendant qu’il prenait des notes durant la conférence. En fait, j’ai tellement aimé Mark Groves que j’aurais souhaité assister à ses trois conférences. L’an prochain, peut-être?

Ensuite, cours de yoga aérien. Vous dire à quel point je sortais de ma zone de confort! Heureusement, il s’agissait d’un cours de yoga restaurateur et non pas d’un cours de yoga version Cirque du Soleil. Il faut dire que je l’avais choisi parce qu’il s’appelait Deep Snooze with AIReal Yoga, hein. Pas folle, la fille. Je suis ressortie de cette expérience ultra relaxe, ce qui, quand on me connaît, relève de l’exploit.

participante faisant du yoga aérien au festival wanderlust de tremblant

Photo by Chris Eckert for Wanderlust Festival.

Deuxième journée au Festival

Là, j’ai frappé mon Waterloo.

Mon chum a sué sa vie dans le cours de Yoga kundalini et méditation tandis que je le regardais, médusée, alors que j’étais incapable de faire les exercices. Ma seule contribution dans ce cours a été de chanter les mantras à la fin, quand tout le monde est venu me rejoindre dans la posture du cadavre. C’est d’ailleurs à ce moment que mon chum s’est écrié avec à-propos mais sans le savoir: I am so dead! Ce qui a bien fait rire le gars devant lui, qui n’en était manifestement pas à son premier cours de yoga.

Pourtant, j’attendais ce cours avec impatience. J’ai toujours rêvé de faire du yoga kundalini! Mais, comme le disait la prof, chaque cours est différent, chaque enseignant a sa couleur. Celle qui donnait le cours à Wanderlust est une athlète adepte de cycling et championne d’haltérophilie… Ça aurait dû me sonner une cloche! Petite consolation: il paraît que je n’étais pas la seule à ne pas pouvoir tenir le rythme. Mon chum m’a dit que quelques participantes n’ont pas réussi à faire tous les enchaînements de postures.

Il y a aussi eu le cours de RAD Roll & Release qui m’a donné du fil à retordre. Après le yoga kundalini, qui ressemblait à un cours avancé de fitness, je pensais innocemment qu’un cours d’automassage, ce serait de la petite bière. Hum! Pas vraiment, non. Comme je souffre de fibromyalgie, je suis limitée physiquement, et c’était trop dur pour moi. Je suis certaine que les bienfaits sont immenses quand on maîtrise la technique et les outils. Ou même quand c’est la première fois, si j’en juge par les soupirs de bonheur des participants. J’ai fait quelques-uns des exercices, puis j’ai regardé mon chum ahaner comme un perdu et y prendre plaisir. Remarquez, je n’étais pas non plus la seule à ne pas comprendre toutes les instructions et à ne pas être capable se faire aller le rouleau non-stop. 

Respecter ses limites

image d'une main faisant stop

Quant à moi, j’ai appris à respecter mes limites. C’est d’ailleurs lors de la première édition du Festival Wanderlust, en 2013, que j’ai découvert ce concept de limites. J’avais fait tout mon possible pour persévérer dans un cours. Mais à un moment, j’avais dû me rendre à l’évidence. Je ne pouvais pas suivre. Non pas que le cours était difficile en tant que tel, mais malgré toute ma bonne volonté et le prof inspirant qui se tenait devant moi, j’avais dû déclarer forfait après une heure.

Et c’est là que je me suis vraiment, mais vraiment rendu compte que j’étais dans le déni. Que lorsqu’on souffre de fibromyalgie, il y a des choses qu’on ne peut PAS faire.

J’ai pris conscience que ce n’est pas parce que je suis sous-douée et/ou paresseuse que je n’arrive pas à suivre les cours. Je souffre, tout simplement. Ça a beau me mettre en rogne, c’est ça la réalité. Mon corps est perclus de douleurs. Alors côté souplesse et mobilité, on part de loin!

À la croisée des chemins

Cinq ans plus tard, je me rends compte que la fibromyalgie joue toujours son rôle d’empêcheuse de tourner en rond, mais que j’ai aussi ma part de responsabilité là-dedans. J’avais de la difficulté à monter la rue des Remparts pour me rendre à mon hôtel! Et ça, ce n’est pas juste à cause de la fibromyalgie, mais aussi à cause de mes mauvaises habitudes de vie. Je savais, dans ma tête, que je n’étais pas en forme. Là, je l’ai su dans mon corps.

Chantal Tellier, du blogue dans ma bulle, de la pancarte croisée des chemins au festival wanderlust tremblant

Ce fut le point culminant de mon Festival Wanderlust 2018. Chaque fois que j’y participe, j’en ressors avec une révélation. Ça n’a rien de mystique, hein. Juste une prise de conscience qui amène des changements réels. Là, je sais que me remettre en forme n’est plus une option, à moins que je ne veuille faire le prochain Festival en marchette. Ce n’est pas le cas.

Ne serait-ce que pour ça, ça valait la peine d’assister à cet événement.

Les plus L’atmosphère relaxe, les gens cool, la qualité et la diversité des cours, l’organisation impeccable et l’endroit où a lieu l’événement, qui se prête tellement bien à ce genre de festival! Et la nature autour est magnifique.

Le bémol Le pitch de vente de certains profs à la fin de leur cours. Je sais bien que les enseignants ne vivent pas de prana et d’eau fraîche. Et je n’ai rien contre le fait qu’ils fassent la promotion de leurs services. Mais peut-être y aurait-il une autre façon de procéder?

Et mon chum? Il est toujours vivant. Il a même l’intention de s’inscrire à des cours de yoga kundalini. À suivre…