J’arrête de boire

Bonjour. Je m’appelle Chantal. Je suis une récidiviste de la sobriété volontaire*. En 2013, j’ai arrêté de boire pendant un an. Je relate mon expérience dans un texte que vous pouvez consulter ici. Vous avez bien lu: une année sans alcool. Pas une seule goutte.

Je m’étais livrée à cette expérience parce que je trouvais que je buvais trop. Et c’était devenu une obsession. Mon anxiété s’était focalisée sur ma consommation d’alcool. Comme si tous mes problèmes étaient causés par la bouteille de vin que je buvais chaque soir. Je me sentais honteuse et coupable, même si je ne causais de tort à personne d’autre qu’à moi. Je ne buvais que le soir, j’étais fonctionnelle au boulot, j’avais des amis, des projets. Mais je n’allais nulle part. Je tournais en rond. Et j’étais tannée.

J’ai donc remisé mes coupes au fond de l’armoire, j’ai fait une mégaprovision de tisanes, et je me suis lancée.

Résultat? Plutôt mitigé, je dirais. J’ai appris que j’étais plus forte que je ne le croyais, et ça, c’était chouette. En effet, si quelqu’un m’avait dit que je serais capable de me priver d’alcool toute une année, je ne l’aurais pas cru. Je n’étais pas peu fière de cet «exploit». Mais ma vie n’a pas changé du tout au tout, comme je l’espérais plus ou moins inconsciemment. Et ai-je mentionné que j’ai pris sept kilos, alors que je pensais, au contraire, perdre du poids? Yep! Bon, il faut dire que j’avais arrêté de fumer en même temps, et que j’ai, euh, quelque peu compensé par la bouffe durant cette année-là. Et je ne parle pas de crudités, ici…

olivia pope boit une immense coupe de vin

J’arrête de boire, prise 2

J’ai recommencé à boire en 2014. C’était le deal. Je voulais arrêter l’alcool pour un an, pas pour toute la vie. Au début, tout allait bien. Je prenais plaisir à boire modérément. Puis au fil des mois, ma consommation de vin est redevenue «problématique». Je ne buvais pas tous les soirs, mais je buvais trop à mon goût. D’où l’idée d’arrêter de nouveau en 2015. J’ai tenu quatre mois cette fois, car la motivation était moins présente, même si j’étais passionnée (possédée?) par le sujet. J’avais d’ailleurs écrit un article sur l’alcool et les femmes pour le Elle Québec: Sobriété: la révolution au féminin.

J’arrête de boire, prise 3

Je tente à nouveau le coup cette année, mais dans un état d’esprit différent. Je le fais davantage pour des raisons de santé. Je dois subir une grosse opération chirurgicale en avril, et j’ai envie d’arriver sur le billard en meilleure forme que je ne le suis en ce moment. (Ce ne sera pas bien difficile!) De plus, je me lance en affaires, et j’ai besoin de toute ma concentration pour réussir ce virage professionnel. Quand notre bureau est chez soi, et que la SAQ est juste de l’autre côté de la rue, c’est facile de prendre un verre (ou deux, ou trois…) en travaillant. Oh, le travail se fait, et je ne tourne jamais les coins ronds, mais côté productivité, ça cause un petit ralentissement, disons.

Je vais donc encore une fois remiser mes verres à vin au fond de l’armoire. Pour cinq ou six mois, cette fois. Et plus si affinités, sait-on jamais! Cette fois-ci, je suis dans un état d’ouverture, curieuse de voir les changements qui se présenteront, et prête à vivre ce chambardement de façon sereine. (Bon, je vais essayer, hein, mais il n’y a pas de garantie!)

La dernière fois, deux collègues s’étaient jointes à moi dans cette aventure, le temps du Défi 28 jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe, qui a lieu en février. Certains se demandent à quoi servent les défis de ce genre. C’est simple: à conscientiser les gens sur la place qu’occupe l’alcool dans leur vie. Si vous buvez de façon occasionnelle, il n’y a aucune raison de relever ce défi. Mais si, comme moi, vous avez tendance à oublier que les normes à faible risque pour les femmes établies par Éduc’Alcool (10 consommations par semaine) représentent un maximum (et non pas un objectif à atteindre ou même à dépasser…), ce genre de défi peut être intéressant. Surtout quand on sait qu’un verre standard de vin est de 140 ml. Jetez un œil à votre tasse à mesurer. On est loin des immenses ballons que se verse Olivia Pope dans Scandal!

Tous les vendredis, je vous parlerai de mes tribulations sur le chemin de la sobriété. Place aux trucs, astuces, références, bons coups, coups de gueule, sautes d’humeur (je sais qu’il y en aura!), changements positifs (j’espère qu’il y en aura!), etc.

Vous embarquez? Mes deux ex-collègues remettent ça elles aussi, et mon chum a également décidé de faire le saut. Plus on est de fous, moins on boit!

*L’expression «sobriété volontaire» n’est pas de moi – j’aurais bien aimé! – mais de Danièle Archambault, auteure du webcomic de fiction Une année sans alcool, que j’ai dévoré à sa sortie.

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