Le fait d’avoir été très malade la semaine dernière m’a donné du temps pour penser, et quand on a non pas un mais deux hamsters hyperactifs dans la tête comme moi, ce n’est pas nécessairement une bonne chose…

Bref, j’ai passé la semaine à avoir des idées noires, à vouloir laisser tomber l’école, mon chum, à ruminer les mauvais choix que j’avais faits dans ma vie, à me dire que si je mourais demain, je n’aurais pas vécu le dixième de la vie que je voulais vivre, etc. Vous voyez le genre?

On pourrait croire qu’après avoir fait une dépression – et s’en être sortie –, on a retenu la leçon. Que ça n’arrivera plus jamais. Qu’on est parée. Ça peut être le cas pour certains. Ça n’a pas été le mien… J’ai connu un autre épisode dépressif, il y a quelques années. Même si on se croit malin, il est facile, une fois passé le tsunami de la dépression, de retomber dans les mêmes ornières. Comme le dit si bien Einstein: «La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.» Yep.

Je pourrais bien sûr vous dire que la dépression est formidable, qu’on apprend des tas de trucs sur soi, que c’est un des plus beaux cadeaux que la vie puisse nous offrir. Tout ça serait vrai. Mais je suis certaine que ce n’est pas l’item le plus demandé pour son anniversaire… Et pour cause. Les bénéfices ne sont pas visibles à court terme. C’est plate, la dépression. C’est pénible. C’est souffrant.

Alors quand, après l’avoir «vaincue» deux fois, on voit de nouveau apparaître ces indices qui ne trompent pas, quand on se sent de nouveau happé par cette spirale infernale et qu’on se sent démunie, malgré la thérapie, malgré les lectures, les réflexions qui ont suivi les épisodes précédents, on panique un peu. C’est ce que j’ai fait la semaine dernière.

Déprime due au manque d’alcool?

Je sais que c’est dû en grande partie au fait que j’étais malade et incapable de sortir ne serait-ce que du lit. Ça a joué pour beaucoup.

Comme vous le savez aussi, j’essaie d’arrêter de boire depuis le 1er février. Mon chum aussi. Mon manque de oumph est-il dû en partie à ça? Je suis fatiguée, irritable. Je broie du noir. Arrêter de boire quand on se lance en affaires est sans doute une bien bonne idée, mais, euh, à moyen terme. Parce que pour le moment, là, là, mon stress est au top, et ma motivation, au 36e dessous. Idem pour mon chum. Mettons qu’on ne fait pas une équipe de cheerleaders très convaincante…

J’ai également appris, toujours la semaine dernière, deux mauvaises nouvelles concernant des personnes que j’aime infiniment. Je me sens triste et démunie (mais ça m’aide au moins à me décoller le nez de mon nombril!)

Mais je garde espoir. Je prends le temps de respirer (non, ce n’est pas overrated), je tente d’exprimer clairement mes besoins, je tente de me concentrer sur les solutions, pas sur les problèmes, et d’apprécier ce que j’ai. Je me suis rappelé que tout passe, qu’à chaque jour suffit sa peine, et qu’il y a un temps pour l’analyse et un temps pour l’action.

J’ai également décidé de cesser de lutter contre ma nature, qui suit les cycles de la… nature. Une fois ma journée de travail terminée, j’ai envie d’écouter des séries en rafale? Je choisis de ne pas y voir un signe de dépression L’hiver, y a rien à faire, j’entre en hibernation. Les joies de la saison froide, je suis pour, tant que je suis bien au chaud chez moi avec mon chum à lire, à regarder la télé, à flatter mes chats, à me coucher tôt.

C’est là où j’en suis aujourd’hui. Beaucoup plus solide que la semaine dernière. Et s’il fallait que la dépression vienne rôder autour de moi pour me faire réagir, c’est okay pour moi. «C’est finalement au plus fort de l’hiver que j’ai compris qu’il existait en moi un invincible printemps», disait Albert Camus. Il avait raison.